Avant l'intervention

Pour une intervention programmée, le patient doit avoir sa consultation d’anesthésie plusieurs jours avant afin d’être informé sur la technique d’anesthésie et l’adaptation du traitement en cours.
Avant de rencontrer l’anesthésiste, vous serez souvent amené à remplir un questionnaire qui vous aidera à organiser à l’avance les informations importantes pour votre anesthésiste.
Votre traitement habituel pourrait être modifié les jours précédant l’anesthésie, l’arrêt de certains médicaments comme les traitements cardiaques ou les anticoagulants sera programmé par votre anesthésiste.
L’arrêt du tabac et/ou de l’alcool est fortement recommandé avant l’intervention.
Certains bilans sanguins nécessaires à votre prise en charge périopératoire seront prescrits lors de la consultation d’anesthésie.


La veille de l’intervention:

Beaucoup d’interventions actuelles ne nécessitent pas une hospitalisation un jour avant.
Parfois, une hospitalisation avant l’intervention est prévue, souvent la veille.
Dans tous les cas, on vérifiera :
- L’arrêt de tous les médicaments anticoagulant, incompatibles avec votre chirurgie.
- L’arrêt de certains médicaments antihypertenseurs,  antidiabétiques, antidépresseurs.
- L’administration d’un anxiolytique le soir si nécessaire.
- Le jeûne à partir de minuit précédant l’intervention.
- Les résultats des examens complémentaires.


 

La consultation d'anesthésie

Elle est primordiale pour une prise en charge optimale de votre anesthésie.
L’anesthésiste étudiera vos problèmes médicaux afin de vous proposer la technique d’anesthésie la plus adaptée. Elle/Il fera le bilan de vos antécédents médicaux personnels et familiaux, de votre traitement actuel, des allergies médicamenteuses ou des problèmes rencontrés lors des anesthésies précédentes.

A la fin de la consultation, l’anesthésiste vous indiquera :
- la technique d’anesthésie conseillée
- les bilans complémentaires : cardiaque, respiratoire, sanguin
- l’adaptation de vos traitements en cours
- le jeûne à respecter avant l’intervention
- la prise en charge de la douleur post opératoire

Avant de venir à la consultation d'anesthésie, il est nécessaire d'apporter tous les documents concernant votre état de santé en dehors des documents nécessaires à la création de votre dossiers: carte d'identité,carte vitale, attestation de la mutuelle:

 

Consultation d'anesthésie et accouchement

La consultation d'anesthésie est obligatoire dans le mois qui précède l'accouchement, même si vous ne souhaitez pas la péridurale.
Elle permet :
- à l'anesthésiste de détecter les facteurs de risque autour de l'accouchement et vous proposer les solutions
-  de mieux vous informer sur la péridurale
- d'établir un dossier d'anesthésie résumant votre état clinique afin de bien prendre en charge les complications inattendues lors de l'accouchement : césarienne en urgence, révision utérine, hémorragie du post partum...

La consultation préanesthésique de l’enfant

Avant de l'endormir, l'anesthésiste a besoin de tous les renseignements concernant l'état de santé de votre enfant afin de mieux le prendre en charge: préparer votre enfant, dépister et réduire tout risque prévisible et diminuer la durée d'hospitalisation.

Lors de la consultation préanesthésique, l'enfant doit être accompagné par son père ou sa mère.

L'anesthésiste vous fera préciser :
- les antécédents de l'enfant et des proches familiaux.
- la courbe de croissance
- les allergies connues
- les signes d'un saignement facile
- les infections ORL en cours ou récentes, le tabagisme passif éventuel (>5 cigarettes/ jour)
- l'activité physique de l'enfant, présence de malaise, de cyanose, de trouble respiratoire.

Il examinera votre enfant, lui auscultera le cœur et les poumons. Il recherchera la présence d'amygdales obstructives, des signes d'intubation difficile et de pose difficile de voie veineuse.
Il n'y a pas d'examen complémentaire systématique (radiologie, bilan sanguin...)

Il vous expliquera ensuite la technique d'anesthésie choisie (anesthésie générale, anesthésie locorégionale...), le risque éventuel de transfusion sanguine pour les chirurgies hémorragiques, le traitement de la douleur post opératoire. Il vous renseignera sur la présence éventuelle d'un parent lors de l'induction de l'anesthésie, et vous remettra un texte d'information. L'autorisation d'opérer et d'anesthésier doit être signé par les 2 parents.

Le jeûne chez l'enfant :

Il faut respecter un intervalle de temps entre l'absorption par la bouche et l'anesthésie générale selon la nature du produit:
- liquides clairs (eau, thé, jus de fruit sans pulpe, sirop) : 2h
- lait maternel : 4h
- lait artificiel  ou aliment solide : 6h

Ce délai permet de limiter au maximum le risque de régurgitation et d'inhalation bronchique lors de l'anesthésie générale.

Les contre-indications temporaires à l'anesthésie chez l'enfant

Dans certains cas, il est préférable de repousser l'intervention un peu plus tard:

- L'enfant enrhumé : si température > 38,5°C, rhinite purulente, toux productive, auscultation pulmonaire anormale. Dans les situations intermédiaires, on discutera au cas par cas. Même si la majorité des cas sont dus à une rhinopharyngite virale, il est prouvé que le rhume augmente l'hyperréactivité bronchique, exacerbe le risque de spasme du larynx ou des bronches lors de l'anesthésie générale et cela jusqu'à 6 semaines après le début des symptômes.

- Vaccination : on attendra 3 semaines (au minimum 2 semaines) entre la vaccination et l'anesthésie générale s'il s'agit des vaccins à virus atténués (rougeole, rubéole, oreillons) et 1 semaine à 3 jours pour les autres vaccins.

Contre-indications

Chaque technique en anesthésie présente des contre-indications, ce qui signifie que chez certains patients, elle ne pourrait être utilisée car dangereuse, même si la technique elle même est bien indiquée pour ce type de chirurgie habituellement.

Contre-indications à l'anesthésie locale et locorégionale

* refus ferme et motivé d'un patient informé
allergie à l'anesthésique local
* infection de la zone de ponction
* atteinte neurologique dans le territoire du bloc
* anomalie de la coagulation pour des ALR profondes

Contre-indications à l'anesthésie périmédulaire

* métastases vertébrales

* épidurite

* hypertension intracrânienne

* déformation majeure du rachis

* antécédent de chirurgie du rachis avec ouverture de la dure-mère

* + /- patient sous aspirine (sauf si ponction unique)

* trouble de la coagulation

* instabilité de l'hémodynamique

 

De plus, mêmes contre-indications que pour les autres anesthésies locorégionales:

* refus ferme et motivé d'un patient informé
allergie à l'anesthésique local
* infection de la zone de ponction
* atteinte neurologique dans le territoire du bloc

Certains cas sont à discuter:

* Spina bifida, myéloménigocèle opéré, tumeur cérébral, intervention sur le rachis: la rachianesthésie est éventuellement envisageable selon l'avis du neurologue

* Les tatouages au niveau de la ponction, la sclérose en plaques et la séropositivité pour le VIH ne sont pas des contre - indications absolues à l'anesthésie péridurale.

 

 

Les médicaments à arrêter

Avant une intervention, certains médicaments peuvent interférer avec ceux de l'anesthésie et causer une instabilité tensionnelle, rythmique ou métabolique. Il est donc nécessaire de les arrêter avec un certain délai  dépendant de la nature du médicament et de l'importance de l'intervention.
Il est donc indispensable d'apporter le jour de la consultation d'anesthésie toutes les ordonnances afin que l'anesthésiste puisse programmer les relais et assurer les meilleures conditions pour l'anesthésie.

Les médicaments cardiaques :

Les médicaments agissant sur la coagulabilité du sang :

Les traitements antidiabétiques :

Les anorexigènes doivent être arrêtés 10 jours avant ç cause du risque d'accès hypertensif

Les traitements anti dépresseurs :

Transfusion autologue programmée

Cette technique consiste à prélever le sang du patient dans les semaines précédant l'intervention, et à le lui restituer pendant la période per ou post opératoire. Elle est intéressante particulièrement en chirurgie orthopédique (hanche, genou...) et la chirurgie cardiaque.
Elle doit tenir compte :
- Du délai de 3 semaines minimum nécessaires
- Des pertes sanguines prévisibles
- De la disponibilité du patient, proximité ou non d'un centre de prélèvement
- De la durée de conservation limitée des produits sanguins (42 jours pour les globules rouges)
- De l'état du patient : statut sérologique, taux d'hémoglobines, état clinique...

Les contre indications :
Anémie (taux d'hémoglobine <110 g/L) et hémopathies
Délai trop court
Infection généralisée en cours
Problème cardiaque qui tolérerait mal une anémie
Hépatite virale, HIV+
Conviction religieuse
Intervention à faible risque hémorragique

Le déroulement :
On vous prélèvera du sang 1 fois/ semaine avec un volume autour de 5 à 7 mL/ kg (votre poids), le premier prélèvement se fera 35 à 42 jours précédant l'intervention. Le dernier peut avoir lieu 72  heures avant l'intervention.
Il est possible qu'une injection d'EPO (érythropoïétine) soit associée à la TAP, ainsi qu'une supplémentation en fer.
Les poches de sang seront étiquetées avec votre nom, la date du prélèvement, et la date de l'intervention.
Un contrôle ultime de concordance d'identité et de compatibilité sera fait juste avant la transfusion.

Transfusion autologue programmée par érrythraphérèse

C'est une technique de transfusion autologue programmée différente parce qu'on ne prélèvera que des globules rouges grâce à un séparateur de cellules qui permet de restituer le plasma, les leucocytes et les plaquettes au patient. Cette technique permet le prélèvement de 2 à 4 concentrés globulaires (au lieu de 5 habituellement pour une TAP classique) mais en une seule séance.
Les limites de la technique :
La durée de la séance : 60 minutes environ
Nécessité d'avoir des veines de bon calibre
Pas de prélèvement de plasma (parfois nécessaire pour réguler la coagulation)
Non faisable si patient anémique
Les autres contre indications sont les mêmes qu'une TAP classique